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Aziz Salmone Fall: "Ni immigré ni immigrant, juste un Homo sapiens parti plus tard"

La gauche au Sénégal, le panafricanisme et le transinternationalisme.  

Par Ngagne Fall, propos recueillis à Montréal
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Aziz Salmone Fall dans sa bibliothèque à son domicile à Montréal. © SunuNews

Né d'une mère égyptienne et d'un père sénégalais, Aziz Salmone Fall, qui se définit en panafricaniste et en transinternationaliste, a trempé assez tôt dans les milieux politiques. Après avoir vu son père, diplomate au Caire, accueillir la veuve de Patrice Lumumba au lendemain de l'assassinat de ce dernier, Aziz S. Fall a ensuite côtoyé dès l'âge de 14 ans les groupuscules anti-senghoriens et autres nébuleuses politiques de l'époque à Dakar. Aujourd'hui, après trente ans d'un exil au Canada qu'il dit vivre "africainement", M. Fall qui enseigne les sciences politiques semble nourrir la même passion rationnelle pour ses engagements de la première heure. C'est ce qui ressort de ce long entretien qu'il nous a accordé à son domicile montréalais. 


SunuNews: Est-ce que vous suivez l’actualité politique du Sénégal ? 

Aziz Salmone Fall: Oui, j’ai une connaissance relativement diffuse, je suis les grandes tendances. Il m’arrive parfois d’être immergé lorsqu’il y a des crises.

 

SunuNews: Que pensez-vous de l’envoi des soldats sénégalais pour aider la coalition dirigée par l’Arabie saoudite en lutte contre les rebelles chiites au Yémen ? 

Aziz Salmone Fall: Historiquement, il ne s’agit pas d’un fait nouveau puisqu’une bonne partie de combattants sénégalais ont déjà participé à des degrés divers à ce genre d’expédition. Dans l’ère coloniale, nous avons eu les supplétifs des troupes françaises qui ont eu à suivre les expéditions coloniales dites de pacification, à l’occasion desquelles la réputation des Sénégalais n’est plus à faire, autant pour leur courage que pour leur cruauté. L’expédition de Madagascar reste encore fraîche dans certaines mémoires. Il faut admettre que l’impérialisme a toujours su compter sur des pans entiers de nos dispositifs, mais le problème c’est que nous sommes dans les ères d’indépendance et censés acquérir une souveraineté. Or il se trouve que nos positions sont toujours un peu à la remorque de celles de l’Otan et, principalement, du pré carré français. Et les pouvoirs successifs au Sénégal ont su monnayer, assez intelligemment d’ailleurs, leurs positions stratégiques dans le dispositif occidental dont fait partie l’Arabie saoudite dans ce cas précis. J’avoue que la précipitation à aller dans ce conflit, à rejoindre cette coalition me semble davantage correspondre à des perspectives de retombées financières de soutien militaro stratégique étiquetées réalisme de la diplomatie sénégalaise. Comme je l’ai dit, il n’y a donc rien de nouveau là, même si on peut déplorer le choix tactique. Je considère que ce n’était pas opportun, d’autant plus qu’il faut comprendre pourquoi ces conflits ont lieu. Il s’agit de l’implosion de l’espace arabo musulman qui est programmée, soutenue, attisée par les tenants d’un ordre sécuritaire ayant des desseins qui ne correspondent pas aux préoccupations de nos peuples. C’est ce que je montre dans mon film Africom Go Home. Il y a une géopolitique du chaos qui s’installe partout, et l’Afrique devrait réfléchir aux moyens de se prémunir contre ce désordre mondial d’une autre façon qu’en rentrant dans la spirale guerrière derrière ces pétromonarchies.

 

SunuNews: Récemment le Sénégal a accepté le transfert sur son territoire de deux détenus d’origine libyenne en provenance de la prison de Guantanamo. Que pensez-vous de cette décision et des potentiels risques de représailles, de la part des djihadistes, qu’elle comporte ? 

Aziz Salmone Fall: Une fois de plus, je vous renvoie à mon film où l’on voit Barack Obama promettre la fermeture de Guantanamo, cette base illégale qui en passant aurait dû être rétrocédée à Cuba mais restera dans le giron américain malgré la récente supposée embellie des relations entre les USA et Cuba. Le deal pour respecter la promesse de fermeture, c’est que parmi les alliés des Etats Unis, certains qui accepteraient le redéploiement de ses forces militaires accepteraient aussi du même coup que le transfèrement de ces prisonniers ; en tout cas certains des moins dangereux puisque les Américains eux mêmes ne veulent pas avoir sur leur propre territoire ces présumés terroristes. Évidemment, il y a toujours des supputations sur les risques de mesures de rétorsion, de vengeance contre les pays qui accueilleraient ces prisonniers. C’est vrai que jusqu’à présent le Sénégal n’a pas été atteint par ces attaques-là. On nous dit avec force démonstrations qu’on a même anticipé des attaques, qu’on aurait démantelé des réseaux qui seraient tapis dans nos pays, mais c’est certain qu’accueillir ces terroristes présumés peut effectivement inciter les gens de leur clan à sévir.

Mais il ne faut pas s’arrêter à cette lecture réductionniste qui n’implique pas les commanditaires de ces nébuleuses terroristes et n’explique pas la nature réelle de ces mouvements. Tous les ingrédients sont réunis dans tous les pays du monde où la paupérisation s’accroît pour être un terreau fertile pour le recrutement des djihadistes. Plusieurs médias ont déjà rapporté que des jeunes Sénégalais rejoignent les rangs de ces nébuleuses terroristes, et donc notre pays n’est pas à l’abri plus qu’un autre surtout s’il fait du zèle intempestif à lutter contre ces groupes.

 

SunuNews: Depuis quelques années on observe un dépérissement de la gauche au Sénégal, en tant que progressiste issu de cette famille politique, quelle est votre analyse de cette situation et qu’est-ce qui peut selon vous extraire la gauche sénégalaise de sa lente agonie ?

Aziz Salmone Fall: Seuls les camarades avec lesquels nous avons eu à lutter peuvent témoigner de ce qui suit. C’est-à-dire que même si c’est dans l’arrière scène, derrière les rideaux, nous avons toujours travaillé pour une unité de la gauche. Mon camarade Ndongo Faye et moi avions lancé le Mouvement des assises de la gauche (MAG) auquel les Sénégalais sont peu familiers. Ce mouvement a connu une forme de cristallisation qui a conduit aux rencontres de la gauche historique. Celles-ci n’ont malheureusement pas abouti, mais vont, indirectement, permettre les Assises nationales.

Les forces de gauche ont toujours existé au Sénégal. Nous sommes une culture rétive, c’est-à-dire qui est capable autant de fonctionner avec la domination coloniale et néo-coloniale, tout comme nous avons un immense pan de nos coreligionnaires qui répugnent à collaborer avec ces systèmes-là, les rejettent, restent minoritaires mais très bien ancrés dans le pays. Des querelles d’obédience sinon cryptos personnelles nous ont fait traîner dans cette longue marche vers l’unité. Toutefois, en dépit des insuccès de la tendance unitaire, une lecture simple montrerait que c’est grâce à la CA 2000 que la première alternance démocratique a eu lieu. Autant Abdoulaye Wade a été porté au pouvoir par ces composantes de la gauche, autant l’actuel président a pu bénéficier de la synergie créée par le MAG, puisque Benno Siggil Sénégal est sorti des entrailles de ce mouvement. Tout cela est la preuve que si la gauche était unie, il y a longtemps qu’elle aurait dirigé le Sénégal.

J’avoue que je suis extrêmement déçu de la dispersion des itinéraires de cette gauche, de la dépolitisation de pans entiers de notre société, de la désaffection de plusieurs de nos politiciens nationalistes et patriotes, et surtout du caractère extrêmement préoccupant de la gangrène—corruption, affairisme et obscurantisme religieux—qui s’est saisie de pans de cette même gauche alors que tout cela était davantage l’apanage supposément des forces de droite. Il y a un manque de lisibilité qui fait que le citoyen lambda ne s’y retrouve plus. Et ce n’est pas le cas exclusif du Sénégal. Le néo-libéralisme a aujourd’hui tendance à créer cette situation assez paradoxale où l’on a des formes de démocraties représentatives de façade, avec des grandes coalitions hétéroclites qui prennent le pouvoir mais le champ de l’horizon du projet de société s’efface dans la gestion de la crise et sous la domination du marché. Dans cette configuration, les besoins fondamentaux des populations et leurs aspirations ne sont pas des priorités, ce qui entraîne une grande frustration notamment des jeunes. Vous le voyez dans l’exil, vous le voyez dans toutes sortes de débrouillardises, et vous le voyez dans le culturalisme, l’ethnisme et le religieux qui attirent beaucoup. Il y a donc un devoir historique de cette gauche, du moins de ce qu’il en reste, de se ressaisir, de revenir sur ce que nous avions dit. J’en suis toujours aux mêmes points : il faut qu’il y ait des assises nationales de la gauche et une sérieuse autocritique. Comment se fait-il qu’il y ait autant de partis qui se réclament de cette famille ? Qu’est-ce qui les différencie ? Qu’est-ce qu’ils ont en commun ? Dans quelles possibilités peuvent-ils s’unir sur un programme conjoint ? Comment peuvent-ils choisir une équipe qui dirigerait le Sénégal ? Tant que cela n’est pas fait nous aurons malheureusement une improvisation continuelle comme celle dans laquelle nous sommes empêtrés.

 

SunuNews: En votre qualité de membre actif du Groupe de recherche et d’initiative pour la libération de l’Afrique (Grila) que pouvez-vous nous dire à propos des récents développements relatifs à l’exhumation de la dépouille de Thomas Sankara au Burkina Faso ? 

Aziz Salmone Fall: Il y a des avancées tout à fait notables après une paralysie de plus de vingt-sept ans. Nous avons obtenu l’exhumation que nous avions demandée et à laquelle le gouvernement précédent s’était opposé. Une seconde génération de Burkinabés a poussé dehors le régime qui pendant toutes ces années a refusé d’entendre raison malgré les multiples requêtes de notre collectif d’avocats. Nous avons donc obtenu l’exhumation qui, c’est vrai, n’a pas pu démontrer s’il s’agit de l’ADN ou non de Thomas Sankara, mais par contre nous avons eu un début d’inculpation. Un juge d’instruction a calé l’affaire et donc en principe nous allons vers un procès. Il y a eu une demande d’extradition de Blaise Compaoré, mais nous avons appris dans les heures qui ont suivi son exfiltration par la France qu’il bénéficiait désormais de la nationalité ivoirienne grâce à son épouse. Donc on voit en fait qu’il se passe beaucoup de choses.

Ce qu’il faut comprendre ici, c’est que cette dernière révolution africaine continue à beaucoup déranger. Et aux peuples africains qui voudraient s’en inspirer, croire à la possibilité d’y arriver ensemble, on veut montrer que c’était la dernière fois. Ce système néo-colonial n’est toujours pas tombé, la Françafrique est toujours là. Nous savons qu’il y a des pressions énormes pour que le procès n’aille pas dans le sens des aspirations populaires de justice, de vérité et de réconciliation. Il y a eu différentes menaces de mort, des intimidations, toutes sortes de tentatives de blocages et de corruption qui n’ont rien donné. Je crois qu’il y a actuellement une attente de la population africaine et burkinabé.

On a un juge qui semble très courageux, même si quelque part il a des pratiques assez discrétionnaires. Par exemple, une des difficultés auxquelles nous nous heurtons, les avocats étrangers qui ont élu domiciles ne sont toujours pas agréés. Ce qui pour nous est très problématique parce que nous sommes de fait dans l’impossibilité de plaider notre cause devant les tribunaux burkinabés comme on l’a toujours fait. C’est une des particularités de cette affaire, mais nous sommes tout à fait conscients que tout le monde est sous pression dans cette histoire. L’important, c’est d’avancer. C’est un long travail, cela va faire vingt ans que je coordonne ce collectif, j’avoue que dans le temps de vie d’une personne c’est important mais ce n’est rien au fond au niveau des instructions juridiques et en même temps c’est la première fois que cela arrive en Afrique. Donc on n’a pas de précédent, on n’a pas quelque chose pour comparer. On a déjà réussi à l’ONU à écrire l’histoire avec la décision du Comité des droits de l’homme en faveur de la Campagne internationale justice pour Sankara (CIJS). Tout cela maintenant fait jurisprudence, c’est inscrit dans les livres d’histoire et de droit. Pour nous au Grila, ce qui est important c’est que ce cas serve à éclairer ceux de Patrice Lumumba, Mehdi Ben Barka et tous les autres. Pour que nos martyrs ne soient pas morts en vain. Que cela ne se répète plus. Lorsque les populations luttent pour se sortir de leurs conditions qu’on n’abatte pas les leaders qui les représentent et qui veulent les aider à sortir des conditions dans lesquelles les maintient un certain ordre mondial. Voilà pourquoi on fait ce travail et je suis tout à fait convaincu que nous allons réussir.

SunuNews: Pour rester dans ce courant panafricaniste, êtes-vous optimiste ou pessimiste quant à l’avenir du panafricanisme au regard de la configuration géopolitique sur le continent? 

Aziz Salmone Fall: Je crois qu’en vrai panafricaniste on ne peut être qu’optimiste. Le pessimisme trouve sa source dans une lecture des tendances actuelles qui sont lourdes. L’insertion défavorable dans l’économie monde, l’instrumentalisation de nos conflits, le pillage de nos ressources, la compradorisation de nos leaders politiques, le manque d’enthousiasme de nos leaders d’aller vers le panafricanisme, les réticences de nos états à renoncer à certains espaces régaliens et à céder des prérogatives à une institution supra nationale comme l’Union africaine, laquelle reste encore financée par les bailleurs de fonds étrangers. Un tel tableau éloigne toute perspective de voir se concrétiser un état confédéral africain. Mais en même temps, je dois admettre que l’espoir est permis par le fait que nous existons, que nous soyons beaucoup plus nombreux qu’avant, qu’une telle pensée soit bien ancrée dans tous les Etats africains, que les pays les plus avancés eux-mêmes l’appréhende, comme le prouve un rapport récent de la Défense française avertissant des dangers du panafricanisme pour la France au XXIe siècle. Maintenant, il faut baser l’analyse sur la durée. Ainsi, des gens comme Cheikh Anta Diop et Kwamé Nkruhma qui d’après ma lecture avaient rigoureusement raison ont encore aujourd’hui raison. C’est-à-dire qu’il faut renoncer à nos micro nations pour aller vers une construction continentale, un espace commun économique et si possible une langue continentale. En l’espace d’une génération, on pourrait par exemple inculquer le Swahili à tous les Africains, le parler dans tous les hémicycles et en faire une langue scientifique de concertation et de cohésion nationale. On pourrait avoir un marché intérieur de biens de consommation de masse basé sur la péréquation, une armée continentale au lieu d’être satellisé et inféodé aux forces étrangères comme Africom. Ce sont des choix tactiques auxquels, pour l’instant, une portion des Africains adhèrent.

Dans le rapport Agenda 2063 de l’UA, on voit qu’il y a une lucidité sur le fait qu’il y a un pillage de nos ressources et que l’influence extérieure est grande.

Au fond, nous tirons notre optimisme de nos luttes passées. Par exemple le fait que nous ayons eu la chance de participer à la lutte contre l’apartheid et d’avoir vu ce système politique tomber. À un moment les Africains vont se réveiller pour combattre ensemble cet ordre mondial qui veut l’Afrique sans les Africains, l’Afrique des seules ressources. Tous les épanchements que vous avez vu, en Tunisie, au Burkina, il y a vingt ans au Mali sont des preuves que les peuples africains ne sont pas dupes, ils savent réagir. Le fond du problème c’est maintenant la capacité d’organisation, comment on peut harnacher cette synergie, utiliser cette énergie vitale vers une transformation qualitative. Nous ne sommes pas si nombreux que cela, mais comme dans tout processus révolutionnaire vous avez un noyau, pour lequel il y a un moment historique de cristallisation. Il n’est peut-être pas encore arrivé, peut-être qu’il se fera de mon vivant, peut-être ce sera avec la génération de mes enfants, mais c’est pour cela qu’il faut continuer à travailler. Pour l’instant, je ne vois aucun indicateur qui me démontrerait que ce n’est pas viable. Regardez les Européens, tout les sépare comparés à nous, mais ils se sont pourtant unis. Les Bolivariens en Amérique Latine ont eux aussi compris que seule l’unité les servirait. Aujourd’hui on a une dispersion, pour l’instant c’est le sauve-qui-peut imposé par le néolibéralisme. Les Chinois et Indiens proposent d’autres formes de coopération, mais sont tout autant intéressés par nos ressources. C’est à nous d’utiliser intelligemment la variété des formes de coopération possibles pour un développement tourné d’abord sur les besoins de l’Afrique pour changer l’extraversion. Si cela est possible, nous pouvons développer ce continent, si on ne le fait pas, hélas, les pessimistes auront raison.

 

SunuNews: Le pessimisme ne serait-il pas alimenté par la rareté des dirigeants africains ayant des convictions panafricanistes irréfutables ? 

Aziz Salmone Fall: Quand vous sondez tous les chefs d’Etat plus ou moins réalistes et pragmatiques, qu’ils soient panafricains ou pas la plupart s’en réclament. En façade, en tout cas, ils ne sont pas en contradiction avec l’idéal panafricain. Je les prends au mot. Je pars sur le fait que quand Macky Sall dit qu’il est panafricain, je ne vais pas le contredire. La plupart des chefs d’état africains disent qu’ils sont panafricains, le répètent dans leurs discours à l’UA. Beaucoup de gouvernement sont affublés d’un ministère de l’Intégration africaine.

La construction est lente avec le principe paradoxal de l’intangibilité des frontières qui reste là. Il faut plus d’audace, mais malheureusement la plupart de nos dirigeants sont dans la compradorisation, c’est-à-dire dans une position où ils subordonnent les intérêts de leurs nations aux desiderata de l’ordre mondial. Peut-être ils n’ont pas le choix, peut-être cette position panoptique d’occuper le pouvoir impose une telle attitude. Il faut reconnaître que les rapports de force dans l’ordre international ne les favorisent dans leur inclination panafricaine, mais les populations doivent les prendre au mot et les pousser.

J’ai beaucoup plus d’intérêt à regarder l’amnésie de nos populations, le manque de conscience panafricaine, comment pourrait-on re-politiser démocratiquement nos jeunesses plutôt que de m’attarder sur les leaders dans leur forme institutionnelle qui au fond se gargarisent de panafricanisme mais ont du mal à concrétiser. Pour moi l’important, c’est comment récupérer cette jeunesse un peu perdue qui a la capacité d’indignation mais, hélas, a perdu sa capacité d’organisation